Le look FAF est-il à la mode?

Aujourd’hui, parlons filles, parlons futiles. Le manteau que toute nana « se doit » de porter cet automne-hiver, c’est le bomber. Ce blouson d’aviateur est omniprésent dans les magasins de grande distribution, dans les réseaux de la fast fashion comme on dit. Il se décline dans toutes les couleurs et dans toutes les matières : rose, à motifs, en velours ou en satin, avec des broderies, tout y passe. Pourtant, si comme moi, vous arborez un look relativement sobre, sans chichis, ça donne un vêtement noir qui nous rappelle le look FAF dans son plus simple appareil.

C’est quoi le look FAF ?

FAF c’est l’acronyme de la France aux Français, ou aussi de Fascistes d’Action Française…Là, normalement, le décor est posé. Le look FAF c’est donc un look skinhead mais sans le côté cradingue.

Comment on porte le bomber ?

Les plus audacieuses le porteront avec d’autres pièces très présentes cet hiver : jean retroussé ou effilé, godillots, veste militaire…Mais là, je ne peux rien pour vous si on vous regarde bizarre dans la rue, surtout du côté des (omniprésents) bobos parisiens. Moi, je la joue sécu et reste avec mes petites robes noires et mes derbies. De toute façon, les pantalons c’est pour les garçons.

C’est quoi la Fast Fashion? 

Plus sérieusement, cette petite réflexion de nana sur le bomber permet surtout de revenir sur la notion de fast fashion. Cette expression anglo-saxonne désigne les circuits de fabrication et de commercialisation de la mode qui tendent à renouveler le plus rapidement possible les collections. La fast fashion, c’est donc des produits à prix peu élevés, fabriqués dans les pays du Tiers-Monde, souvent en Asie, qui ont vocation à ne durer guère plus qu’une saison dans la garde-robe du consommateur. La qualité est donc souvent minimale mais le vêtement a une forte connotation mode. La fast fashion vise donc une clientèle, souvent jeune, qui cherche à renouveler très souvent sa garde-robe, être à la pointe de la mode perçue par les prescripteurs de tendances et autres magazines féminins.

La marque ZARA est probablement une pionnière dans ce domaine. C’est même sans jeu de mot sa marque de fabrique : des pièces à haute teneur mode (qui frôlent souvent la contrefaçon soit dit en passant), produites à nombre réduit et sur un circuit court.

Il ne s’agit pas de dénigrer les vêtements vendus dans ce type de magasins. On y trouve bien évidemment de belles pièces. Il ne s’agit encore moins de donner la leçon à ceux qui y font leurs achats. Mais mener une réflexion sur son pouvoir en tant que consommateur est une des plus fortes actions citoyennes possibles dans notre société. Or la fast fashion est à la mode ce qu’est la fast food à la gastronomie… Cette façon de concevoir la fabrication et la commercialisation des vêtements pose de nombreux problèmes éthiques et environnementaux.

L’industrie du luxe semble s’accommoder fort bien de cette nouvelle méthode de fonctionnement des réseaux de grande distribution. Alors qu’on pourrait naïvement penser que le haut-de-gamme serait mécontent d’être copié à bas-coût, on se rend compte que cela fonctionne et relève du gagnant-gagnant pour l’industrie de la mode… au détriment de la planète et des travailleurs, que ce soit les ouvriers dans les pays pauvres ou de nos artisans, porteur de traditions séculaires, qui sont tout bonnement en voie de disparition.

Peur de manquer, sentiment d’exclusivité pour l’acheteur (« Rapid-Fire Fulfillment » selon une étude menée par des chercheurs de l’Université d’Harvard), sentiment de frustration pour celui qui ne peut acheter, faute de moyens financiers (« tout est permis mais rien n’est possible » comme le dit si bien le philosophe Michel Clouscard), consommation compulsive et inutile, obsession de l’apparence, surproduction, gaspillage, pollution, stress au travail, soutien à des régimes politiques répressifs, corruption… La liste des conséquences de cette façon de produire et de consommer est tellement longue! Cet article sera assurément suivi d’autres. En attendant, si vous comprenez bien l’anglais, vous pouvez visionner le documentaire The True Cost disponible sur Netflix dont voici la bande annonce :

Concept à Comprendre : NATIONALISME

Concept à Comprendre : NATIONALISME (texte intégral)

  1. Brève définition

Le Nationalisme est une doctrine politique qui tend à défendre l’identité d’une Nation dans toutes ses particularités. Cette doctrine n’est pas une simple extension du Patriotisme (Doctrine Politique tendant à la protection du sol national) mais couvre une dimension propre. Elle s’oppose au mondialisme, à l’impérialisme, au régionalisme et au séparatisme, doctrines qui tendent toutes à la destruction de la Nation et à ses frontières existantes.

  1. Rappel Historique

En France, le terme de Nationalisme est directement issue de la Révolution, à la fin du XVIIIeme siècle. Les révolutionnaires appelaient Nationalistes les défenseurs du Monde Ancien, les adversaires aux idées nouvelles, c’est à dire à leurs idées. Ce terme était alors employé en opposition à la notion de patriotes, nom par lequel se désignaient les jacobins, les révolutionnaires. A l’heure actuelle, patriotes et nationalistes ne sont plus du tout rivaux idéologiques, bien au contraire[1].

  1. Nationalisme et Clivage Gauche-Droite[2]

En simplifiant, on estime que  la notion de Gauche renvoie à  l’idéologie du Progrès alors que la Droite représente la Tradition. Le Nationalisme est souvent considéré à tord comme une doctrine politique exclusivement de Droite. Si on considère comme toujours valable le clivage Gauche-Droite, force est de reconnaitre qu’il existe des auteurs emblématiques et des courants de pensée nationalistes au sein de la Gauche.

Paradoxalement, les partisans d’une gauche nationaliste sont aujourd’hui (mais également par le passé) enclins à affirmer la désuétude de la notion de Gauche et de Droite, là où la Droite et l’Extrême Droite classique l’assument pleinement. On pourrait dire que les nationalistes de Gauche sont plus enclins à renoncer au clivage Gauche- Droite pour avoir une vision non conformiste de la Politique et pour se revendiquer d’une Troisième Voie (ni Droite Ni Gauche; ni Libéralisme ni Communisme etc.) quitte à parfois flouer les lignes des doctrines idéologiques et paraitre un brin confus pour un œil extérieur. Au contraire, les nationalistes de Droite vont se reconnaitre fièrement comme « authentiquement de Droite », quitte à  paraître passéistes (le passéisme étant l’opposé de la Tradition Véritable) et désuets.

Mais ce qui démarque le plus le Nationaliste de Gauche et le Nationaliste de Droite c’est l’objectif qu’il poursuit. Dans une de ses vidéos Youtube, on peut ainsi entendre le sociologue et « authentique homme de Gauche » Alain Soral  expliquer que l’objectif final  de la Politique c’est la recherche du bonheur. A contrario, Dominique Venner, dans son livre le plus autobiographique Le Cœur Rebelle, explique que le but final de la Politique est « de rétablir l’ordre à la place du chaos ». Tout est dit.

En période de crise, et plus spécifiquement en période d’avant-guerre, on a déjà vu les patriotes et les nationalistes de tous bords se réunirent pour faire front commun. En mettant en avant leurs points communs (anti libéralisme, anti mondialisme, respect de la Tradition etc.), les nationalistes arrivent à de bien belles choses. C’est le cas de l’expérience du Cercle Proudhon. Ce cercle a réuni entre 1911 et 1914 des syndicalistes révolutionnaires et des militants de l’Action Française. Ils ont collaboré ensemble et ont rédigé des cahiers, produisant des textes et des réflexions que tout militant nationaliste français se doit de lire.

  1. Le Nationalisme Français

Afin d’avoir une idée générale des formes de nationalismes, voyons de plus près deux doctrines nationalistes, deux  réflexions menées par deux grands théoriciens français, l’un de Droite et l’autre de Gauche.

Le Nationalisme Intégral de Charles Maurras

Le Nationalisme maurassien se veut monarchique, traditionnel et décentralisateur. Il est contre-révolutionnaire, antiparlementaire et antilibéral. Son nationalisme est catholique, même si Charles Maurras est personnellement agnostique et non pratiquant. Ce nationalisme se concentre sur la réforme des institutions politiques du pays. Maurras se montre donc très critique envers ce qui relève du mouvement social (corporations) qui favorise selon lui les élites sociales aux détriments des masses populaires. Comme le dit sa maxime : Politique d’abord! ».

Le Nationalisme de Maurice Barrès

Maurice Barrès, figure marquante du Nationalisme français, plaide pour un nationalisme républicain, démocrate et fédéraliste car considéré comme représentatif de l’identité française. Là où Maurras dit Politique d’abord, Barrès met en exergue le sentiment national. Pour lui, il faut conquérir les cœurs des français pour obtenir le pouvoir et réformer les institutions, soit l’exact inverse de la vision maurassienne.

Par ces deux brèves introductions aux doctrines maurassienne et barrèssienne, on peut se rendre compte de l’étendue des divergences qui peuvent exister entre nationalistes d’un même pays. Mais il importe d’étudier ces nationalismes car on peut dire que la France est la Nation par excellence.

On dit cela car plus que partout ailleurs, la nation française est une construction. En effet, on est français car on est né au sein d’une famille composite, résultat de la rencontre de multiples peuples qui en ont donné un nouveau. L’importance du Droit du sol dans notre héritage est une particularité qui en dit long sur ce que nous sommes. En opposition à la nation allemande basée sur le sang et la race, la nation française se reconnait davantage par son attachement à une culture et un passé commun. Être nationaliste français, c’est avoir conscience de cette construction, de l’existence aussi d’un certain esprit français, mélange d’impertinence, de nonchalance et de cartésianisme, esprit marqué par une série de contradictions, éloigné du racialisme et du tribalisme. Être nationaliste français, c’est aussi vouloir protéger et perdurer cet état d’esprit.

  1. Le Nationalisme en 2016

En France, en 2016, le Nationalisme est fort peu représenté sur l’échiquier politique. Si on exclut quelques personnalités isolées, seul le Front National semble adhérer à cette doctrine. Les autres partis politiques majeures sont désormais acquis aux mondialistes. C’est plutôt du côté de ce que Adrien Abauzit conceptualise sous l’expression  » nouvelle opinion publique » que le nationalisme renait. Les citoyens se conscientisent et à leur échelle se réapproprient leur culture nationale, se réenracinent, et par suite logique deviennent nationalistes.

En Europe, la Hongrie et l’Autriche sont des pays où le nationalisme prend de l’ampleur au niveau électoral et sont des exemples à suivre pour la France. Le continent sud-américain fut longtemps la figure de proue du nationalisme et de la lutte contre l’impérialisme étranger, et plus spécifiquement américain. Depuis la mort du président vénézuélien, le valeureux Hugo Chavez, cette tendance s’est très largement effacée.

Paradoxalement, le renouveau nationaliste le plus spectaculaire a surgi de là où on ne l’attendait pas. L’élection  du trublion Donald Trump marque un renouveau du Nationalisme au sens classique et un espoir pour les nationalistes du monde entier face aux horreurs grandissantes du mondialisme. Sa campagne électorale s’est en effet faites sur un programme politique pétri de valeurs chères aux nationalistes. En parlant de recentrer les Etats Unis sur eux mêmes afin de redevenir une Grande Nation, de réguler l’immigration, de mener une Politique de Grands Travaux pour donner du travail à tous et relever les infrastructures du pays[3], en expliquant que désormais si un pays ne cherche pas le conflit alors il sera un pays ami des États-Unis, Trump s’oppose clairement à la politique d’ingérence et d’agression systématique que les États-Unis menaient depuis des décennies et marque un changement radical de perspective dans les relations internationales, montrant que contrairement aux idées reçues les nationalistes sont désormais les pacifistes du XXIème siècle.

  1. Etre nationaliste aujourd’hui

« Nationalistes de tous les pays unissez vous!  » Derrière cette phrase qui fait la nique aux préjugés sur les nationalistes, supposés xénophobes, il ne se cache en aucun cas un internationalisme des nationalistes, mais simplement une convergence des combats contre toutes les attaques des mondialistes. Chaque nationaliste doit mener son combat dans son pays, au sein de sa Nation. Cette remarque a une importance cruciale. Prenons le cas particulièrement clivant dans les milieux nationalistes de l’Ukraine. Nous nous retrouvons dans la situation ubuesque où des nationalistes français se battent sur un territoire étranger les uns contres les autres. Cette situation est absurde, regrettable et marque probablement la plus grande victoire de l’idéologie mondialiste sur le combat nationaliste.

En conclusion, être nationaliste c’est aimer son Prochain c’est-à-dire celui qui nous est proche. Aujourd’hui, que l’on considère que le clivage Gauche-Droite perdure, qu’il ait profondément muté ou qu’il soit désormais obsolète, ce n’est finalement qu’un débat conceptuel. Le combat politique et idéologique relatif au nationalisme est un travail de longue haleine et quotidien. Il est parfois difficile à mener car il implique de refuser la paresse intellectuelle, physique voire professionnelle, de lutter de toutes ses forces contre l’embourgeoisement, si propre à la société moderne. Etre nationaliste c’est lutter contre les idéologies destructrices de la Nation (Mondialisme, Impérialisme, Libéralisme, Capitalisme…), c’est exalter son appartenance patriotique, c’est aussi mener un retour à la Terre et à la Tradition car l’enracinement (spirituel, culturel, local etc. ) est la seule et unique solution.

Liste d’auteurs français à découvrir sur le sujet : Ernest Renan, Charles Maurras, Maurice Barrès, Dominique Venner, Thierry Maulnier, Alain de Benoist, Jacques Ploncard d’Assac…

Citations marquantes :

 « La patrie est une certaine quantité de terre où on parle une langue, où peuvent régner les coutumes, c’est un esprit, une âme, un culte, c’est la portion de terre où une âme peut respirer. Une terre qui est arrivée à être pour nous une maison » Charles Peguy

« Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé ; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. L’existence d’une nation est (pardonnez-moi cette métaphore) un plébiscite de tous les jours, comme l’existence de l’individu est une affirmation perpétuelle de vie » Ernest Renan « qu’est ce qu’une Nation ? »

Le « Patriotisme s’est toujours dit de la piété envers le sol national, la terre des ancêtres et, par extension naturelle, le territoire historique d’un peuple : la vertu qu’il désigne s’applique surtout à la défense du territoire contre l’Étranger. Comme le mot suppose une frontière déterminée, un État politique défini, il a quelque chose d’officiel et d’installé »…Le  » Nationalisme s’applique en effet, plutôt qu’à la Terre des Pères, aux Pères eux-mêmes, à leur sang et à leurs œuvres, à leur héritage moral et spirituel, plus encore que matériel. Le nationalisme est la sauvegarde due à tous ces trésors qui peuvent être menacés sans qu’une armée étrangère ait passé la frontière, sans que le territoire soit physiquement envahi. Il défend la nation contre l’Étranger de l’intérieur » Charles Maurras

« La Nation est une couverture politique et nationale de l’individu plus étendue que la couverture sociale offerte par la tribu à ses membres. Le tribalisme est préjudiciable au nationalisme, car l’allégeance tribale affaiblit le loyalisme national » Mouammar El-Kadhafi (Le Livre Vert, premier paragraphe du chapitre sur la Nation de la troisième partie consacrée aux fondements sociaux)


[1] Par ailleurs, lorsqu’on étudie la seconde Guerre Mondiale, période marquant une ère nouvelle de l’Histoire Contemporaine, il est en général de bon ton de faire ressortir et d’opposer deux personnalités politiques majeures de notre pays. Or il est intéressant (quoique pas surprenant) d’observer que ces deux hommes politiques – on aura reconnu le Maréchal Pétain et le Général de Gaulle – sont tous deux profondément patriotes et nationalistes car profondément attachés à la France.

[2] On estime que le clivage Gauche-Droite remonte à la période de la Révolution Française, plus précisément au 28 août 1789, lorsque les membres de l’Assemblée Constituante se sont séparés physiquement et idéologiquement en deux groupes : à gauche les opposants au veto royal (jacobins, révolutionnaires, libéraux), à droite les partisans du roi (clergé, noblesse, monarchistes). Le clivage Gauche-Droite fera l’objet d’un podcast futur car il s’agit d’un débat d’idées complexe mais important. En simplifiant à l’extrême, on estime que  la Gauche représente l’idéologie du Progrès alors que la Droite représente la Tradition.

[3] La déliquescence des infrastructures est un problème que l’ouragan Katrina avait participé à dévoiler au niveau international, mettant la classe politique américaine dans l’embarras. La frilosité des électeurs a une possible augmentation des taxes étant redoutée par le candidat politique US, celui ci privilégie le statut quo et évite ce genre de « grands travaux » au niveau national et de l’état, le reléguant au local…Soit, là, où il est plus compliqué de les mener!

Recette : Latte Automnal

Dans ma volonté de mettre fin à mon addiction à Starbucks, je me suis concoctée une recette très similaire à l’un de leurs cafés les plus célèbres : le Pumpkin Spice Latte. Il ne s’agit pas d’une recette parfaitement identique car le mélange d’épices et les proportions utilisées leur sont propres mais elle fera grandement l’affaire.

Ingrédients (pour 1 grande tasse)

1 potimarron

Cannelle – muscade – gingembre

l’équivalent de 2 expressos

60 cl de lait

1 CC de miel

Crème chantilly (maison ou industrielle)

Préparez du café selon vos habitudes (il doit être corsé), puis faites cuire quelques morceaux de potimarron avec un peu de lait, sur feu doux. Ajoutez progressivement le lait et mélangez bien, écrasez les morceaux afin d’obtenir une pâte épaisse mais homogène. Ajouter le reste de lait et les épices puis le miel. Laissez cuire quelques minutes. La crème doit avoir une consistance assez liquide donc – selon ce que vous avez sous la main – passez le mélange dans un chinois ou au mixeur.

Dans une grande tasse, versez le café puis le mélange. Ajoutez de la crème chantilly sur le dessus (préparez en une maison pour les puristes), saupoudrez d’une pincée de cannelle. Dégustez bien chaud.

ASTUCE : Ne jetez pas le mare de café car il se recycle de bien des façons. Il est parfait pour un gommage corporel maison avec de l’huile d’olive ou pour l’entretien de la tuyauterie par exemples.

SORTIE CINEMA : Voyage à travers le cinéma français

A NOTER : le 17 novembre 2018, est organisée à l’issue de la projection du documentaire une rencontre avec Bertrand Tavernier au cinéma Les Fauvettes (58 avenue des Gobelins 75013 PARIS, arrêt Les Gobelins ligne 7).

A travers ce documentaire de plus de trois heures, Tavernier nous fait traverser l’histoire du grand cinéma français. Par des anecdotes de tournage, des révélations sur les relations entre réalisateurs, scénaristes et grands acteurs, des explications sur des procédés cinématographiques, il nous donne envie de visionner certains classiques du cinéma français. C’est souvent intéressant, on prend un vrai plaisir à revoir certains passages cultes et des acteurs mémorables (Lino Ventura, Jean-Paul Belmondo, Jean Gabin, Arletty, Brigitte Bardot…) mais il faut reconnaitre que ce film s’adresse prioritairement aux cinéphiles. Ceci dit, on en ressort avec une liste de films à découvrir, tant Tavernier nous transmet sa passion.

Bertrand Tavernier est un réalisateur français qui a abordé de multiples genres cinématographiques. Il est bien entendu un cinéphile averti. Et en cela, il sait de quoi il parle. Ce qui apporte un attrait certain à ce documentaire, c’est l’absence de langue de bois de Tavernier, que ce soit sur la mauvaise prestation d’une actrice alors qu’une autre (Simone Signoret) avait été pressentie, les mésententes entre Jean Pierre Melville et les acteurs Jean Pierre Belmondo et Lino Ventura, les petits mensonges d’un réalisateur etc.

Jacques Becker est cher à son cœur. Selon Tavernier, il possède un don pour mettre le spectateur en empathie pour ses personnages et transmet parfaitement la notion de common decendy, la décence ordinaire décrite par George Orwell. Jean Renoir fait aussi l’objet d’un très bel hommage. Tavernier explique ainsi qu’il y a quelque chose de profondément français dans le film la grande illusion, avec Jean Gabin dans le rôle principal. Ce dernier est par ailleurs très présent dans le documentaire : ses conseils à un jeune acteur, une remarque fort peu anodine sur la seconde guerre mondiale (il a dû payer pour rejoindre la résistance), son opinion sur Jean Renoir… Celui qui est probablement le plus grand acteur français explique à quel point la seconde guerre mondiale a bouleversé sa carrière. Il est parti  aux États-Unis alors qu’il était dans la fleur de l’âge et à son apogée en tant qu’acteur… Engagé dans la résistance, avoir avoir résilié son contrat avec les studios américains, il est sortie de cette guerre avec les cheveux blancs et très marqué par la vie. Sa période noire commençait. Mais cela ne le rend que plus sympathique à nos yeux patriotes car au delà de son talent, il nous rappelle un temps où les gens prenaient leur responsabilité de citoyen au sérieux, et agissaient dans la mesure de leurs moyens.

 

Des nombreuses personnalités évoquées durant les trois heures, deux personnes ressortent : le réalisateur Jean Renoir et le bourru mais profondément franchouillard Jean Gabin. Au début du documentaire, on redoute que Tavernier s’étale sur sa vie, mais cette impression est vite dissipée. La musique de cinéma est aussi abordée au cours du film, c’est une belle surprise. On pourrait dire que le choix des films est très suggestif. Soit, mais cela ne gâche pas le plaisir qu’on éprouve à (re)découvrir ces classiques de notre patrimoine culturel, qui datent pour la plupart d’entre eux des années 30 aux années 60.

En conclusion, Voyage à travers le cinéma français est un long documentaire passionnant, qui s’adresse prioritairement aux cinéphiles.

LLMM #1 STARBUCKS

Première chronique d’une série qui promet d’être longue. Comment lutter contre la laideur du monde moderne (LLMM donc!)? En étant citadine, par choix ou non, a fortiori en étant parisienne, cette question se pose quasi-quotidiennement… Ainsi, aujourd’hui, j’ai eu l’occasion de spontanément procéder à un changement dans ma façon de consommer. Mettre fin à mon accoutumance à Starbucks, cette chaine internationale de café, symbole parmi d’autres de notre américanisation, n’est pas chose aisée. Certes, j’aime leur café mais mettre mes actes en accord avec mes idéaux est fondamental.

Conditions de travail discutables, concurrence aux petits commerces, gaspillage écologique, « optimisation fiscale »… Les reproches à faire à cette chaine sont nombreux, comme pour toutes les chaines en vérité. Bosser chez Starbucks ce n’est pas le paradis… J’en ai eu la confirmation après avoir entendu par hasard une discussion entre plusieurs employées parisiennes. Un soir en semaine, alors qu’il n’y avait plus que quelques clients, et probablement fatiguées par leur journée de travail, elles se sont plaintes à voix haute de ne toujours pas avoir reçu leur paie. L’une d’elles semblait à cran, choquée car « ne s’attendait pas à ça en travaillant pour une grande enseigne »… Bienvenue dans le monde merveilleux du travail, ma cocotte!

Rien de transcendant dans cette anecdote. Soit, mais c’est la suite qui importe. Décidée à mettre en place des changements durables dans ma vie de consommatrice, je me suis dénichée une alternative de choc : une jolie Brûlerie de Café à quelques pas du Starbucks en question. Un commerce de quartier, une dame charmante pour servir, un choix incommensurable de bons cafés, et tout ça dans le même environnement géographique. Une alternative simple mais qui fait du bien au moral (et au porte-monnaie). Ainsi, il est parfois très facile de changer ses habitudes, encore faut-il le faire.

De même, il est aisé de trouver une alternative à une chaine de fast food, quelle qu’elle soit. Ce n’est pas très bon (les goûts, les couleurs…), c’est cher, c’est bruyant… Quitte à faire dans la restauration rapide, il est préférable de se trouver un bon turc. Il suffit de chercher, on finit par trouver. Bien entendu, cela ne remplacera jamais la meilleure alternative : le petit plat fait maison, ou à défaut, la brasserie bien franchouillarde.  Privilégier un commerce indépendant à un grand groupe, c’est cliché mais c’est aussi un basique.

Par contre malheureusement, je n’ai pas encore la solution pour les nuisances sonores qui vont avec ce type d’endroit : je ne parle pas des mecs lourdingues qui manquent sérieusement de tact dans leur approche du sexe faible, mais d’une nuisance bien pire : la TV. Spécialement si vous avez arrêté de la regarder depuis des années et que – malchanceuse que vous êtes – vous tombez sur une émission de Cyril Hanouna, avec Gérard Darmon comme invité. Là, je n’ai pas de solution… Quoique, elle est peut être simple : demander gentiment s’il est possible d’éteindre cette machine à abrutissement? Enfin, pas de cette façon bien entendu. Après tout, on peut toujours essayer, ça ne mange pas de pain…

Portrait : Brigitte Bardot

Premier article sur Françoise, et il sera consacré à une figure populaire de notre pays et de notre patrimoine culturel : la belle Brigitte Bardot. Issue d’un milieu bourgeois catholique, elle côtoie le milieu artistique parisien dès son enfance. Elle se tourne vers la danse classique, et entre au Conservatoire de Paris à l’âge de 14 ans. Puis, plus tard, elle commence à poser comme modèle, devient rapidement la coqueluche du magazine Elle, et se lance dans le cinéma. En 1956, pour le film « Et Dieu créa la femme », elle se décolore les cheveux… Une icône est née.

Grande gueule au grand cœur

Au delà de sa carrière artistique, ce qui fait de B.B. une figure emblématique de notre pays se sont les choix effectués au cours de sa vie. Que cela soit son mariage avec Bernard d’Aumalle, proche de la famille Le Pen -au grand dam du milieu culturo-mondain parisien – son combat pour les animaux, mais aussi certaines prises de paroles mémorables (sur le cinéma actuel, le hallal, l’immigration…), Brigitte n’en fait qu’à sa tête et dit ce qu’elle pense.

Par le biais de la fondation Brigitte Bardot, elle est devenue une pionnière de la lutte contre la souffrance animale. Mettant sa célébrité et son argent à bon escient, elle n’hésite pas à formuler des doléances auprès du chef de l’État et des personnalités politiques. De Gaulle appréciait d’ailleurs sa « simplicité de bon aloi ». Elle même le respectait énormément (cf la lettre ci-dessous).

Symbole d’une époque révolue

Elle incarne l’insouciance qui caractérisa la période des 30 Glorieuses. Jouant surtout dans des comédies romantiques, et étant principalement la carte séduction d’un film, elle eut tout de même l’occasion de prouver son talent d’actrice, notamment dans les films La Vérité et le Mépris. Elle mit fin à sa carrière à l’âge de 38 ans, en 1973, année du premier choc pétrolier. La, encore c’est un symbole.

Icône d’une France éternelle

Brigitte Bardot a été la première personne connue à incarner Marianne, symbole de la République Française, auparavant dessinée sous les traits d’anonymes. Et force est de reconnaitre qu’aucune de celles qui l’ont suivie ne l’ont détrônée – pas même la toute aussi belle Laetitia Casta.  On peut discuter sur le fait que la République et la France, ce n’est pas la même chose. Soit, mais ce n’est pas le sujet. Brigitte Bardot représente la France dans tout son charme : sa non-nonchalance, cette façon très particulière de parler qui lui a toujours donné un air de tête à claques, sa liberté de penser.

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