Histoire et Traditions des européens de Dominique Venner

Fiche de lecture d’ Histoire et Tradition des européens de Dominique Venner

points fondamentaux soulevés par cet essai historique :

  • rôle de l’ennemi dans l’affirmation de son identité
  • la gloire importe peu, ce qui compte c’est d’avoir vécu noblement
  • corrélation entre le corps et l’esprit
  • importance de l’homogénéité raciale pour la paix interne des cités
  • les hommes portent en eux une tendance à l’hubris, la démesure ; en opposition, il y a le logos ; rappel du mythe d’Actéon pour rappeler le danger de l’hubris
  • le but de la sagesse grecque est de permettre à l’homme de se relier à sa part divine, aux forces cosmiques ; selon Aristote, ce qu’il y a de plus divin en nous se manifeste par l’action contemplative
  • omniprésence du conflit (polemos) : de lui surgissent les pires calamités mais également la vie et l’harmonie ; et il fait bon ménage avec la philia (sentiment de bienveillance pour autrui)
  • est à prendre en exemple Epictète qui «  ne céda pas à l’illusion de changer l’ordre du monde. Son désir ou son ambition était de s’améliorer personnellement, d’être un exemple »
  • l’esprit européen c’est la complémentarité des sexes. La femme ne fut jamais esclave en Occident et fréquemment elle fut actrice avec ses propres armes
  • dans l’ancien monde celtique, dont l’esprit continue d’irriguer tout le Moyen-âge, le Mariage n’est pas l’Amour : « sa vocation est d’assurer la pérennité du patrimoine et de la lignée ». Le légendaire celtique est l’inspiration de la littérature courtoise ; notion de courtoisie =} art de vivre, raffinement, concept de l’amour «  elle suppose à la fois le goût du luxe et le mépris de l’argent » ; La confusion entre mariage et amour est une invention du romantisme, de l’époque bourgeoise et individualiste, le mariage c’est l’importance d’assurer la perennité de la lignée face à la fugacité de l’individu (exemple des paysans du Gévaudan)
  • A la différence de la noblesse, la chevalerie n’est pas héréditaire, on accède à cet ordre par cooptation ;
  • poème homérique = expression grecque de tout l’héritage constitutif du noyau européen », l’Iliade = poème fondateur, poème de la guerre, premier récit de chevalerie, livre sacré des européens ; l’Odyssée = poème du retour et de la vengeance, hymne à la Terre Natale
  • le baptême de Clovis = baptême du christianisme par un paganisme germano-celte
  • rappel de la distinction fondamentale entre le peuple boréen et les langues indo-européennes
  • caractère cyclique et pluraliste de l’Histoire
  • entre 1914 et 1945, l’Europe perd son hégémonie morale et politique, et sa confiance dans sa civilisation et son destin.
  • après la guerre de 30 ans, lors des traités de Westphalie, sous l’effet de la sécularisation du pouvoir et d’un retour de la philosophie antique, se mettent en place un droit de la guerre et un droit des gens qui font écho à l’idée de la guerre limitée développée par Platon. Ce droit des gens européen irrigua la civilisation européenne à son apogée. Il est ensuite écorné par la Révolution française et le jacobinisme, rétabli après 1815, et progressivement abandonné à partir de 1918 et surtout de 1945. A partir de 1945, est réintroduit l’idée de « guerre juste » et de la criminalisation de l’ennemi.
  • Rappelle l’illusion de l’Inéluctable et l’utilité de l’Uchronie
  • « conçue comme reflexion du passé, l’histoire est une invention de l’esprit européen » (Homère, suivi par Hérodote, puis Thucydide). Mais l’Histoire représente un vrai enjeu moderne, celui de la Mémoire. Venner rappelle la citation célèbre de Orwell : « Celui qui contrôle le passécontrôle l’avenir. Celui qui contrôle le présent contrôle le passé ».

En conclusion, selon Venner, les caractéristiques de l’esprit européen sont avant tout une certaine idée de l’amour, la volonté et une quête de la sagesse, un sens tragique de la destinée et un héroïsme du désespoir, une exultation du héros intrépide, brusquement terrassé par le destin ( c’est une constante : Napoléon, Roland, Vercingétorix adopté tardivement comme « premier héros national français ») et enfin une recherche d’harmonie entre le clan, la cité et la libre individualité.

Le lecteur doit être prévenu : l’auteur est connu pour ses réflexions critiques envers le christianisme, et ce livre ne fait pas exception. Dominique Venner y développe une critique acerbe de cette religion, jugée extérieure à l’esprit européen et créatrice d’une certaine schizophrénie chez l’européen. Cependant, il fait en parallèle l’éloge de la spiritualité chrétienne face au nihilisme contemporain (page 200) par rapport à la question du rapport à la sexualité.

Livres à lire pour aller plus loin : l’art du roman de Milan Kundera, Politique d’Aristote, Ethique à Nicomaque d’Aristote, les œuvres de Chrestien de Troyes, le roman de la Rose de Guillaume de Lorris, l’Héptaméron de Marguerite de Navarre, Mémoires de Mme de la Guette, le communisme de marché de Flora Montcorbier, Bernard de Clairvaux, Saint François d’Assise, Dit de Franc Gontier de Philippe de Vitry, Ovide, Virgile, l’âge d’or de la forêt de Sophie Cassagne-Brouquet et Vincent Chamberlhac, le temps des cathédrales de Georges Duby

« établir l’harmonie entre soi-même et le cosmos – l’ordre de l’univers – tel est le maitre mot de la sagesse antique d’Homère à Aristote »

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