Indépendance ou Autonomie ?

Petite réflexion du week-end sur la notion d’autonomie.

Que cela soit sur un plan intellectuel, sur un plan spirituel, sur un plan affectif ou sur un plan économique, l’indépendance est un leurre. On dépend toujours d’autrui. Sur le plan religieux, il s’agit même d’un blasphème, tant l’affront est grand vis-à-vis de Dieu. Pour l’économique, l’individu dispose seulement d’un certain libre arbitre. Il compose avec la réalité. Sur le plan affectif, on peut même dire qu’il compose avec sa perception de la réalité. Par conséquent, au mieux, il peut donc choisir en qui et en quoi il sera dépendant.

Si l’humilité s’impose, cela ne signifie pas qu’un combat ne soit pas nécessaire. Et le mot combat n’a rien d’exagérer. Tout d’abord, à titre individuel, la lutte contre ses propres démons est grande (paresse, peur…). L’individu peut dans notre société chercher à être le plus autonome possible, vis à vis de l’État, des banques, de la société de consommation…Mais encore faut il le vouloir, et mettre en œuvre des changements dans sa vie pour entrer dans un cercle vertueux.

Il faut rappeler qu’il ne faut pas confondre autonomie et individualisme. En effet, l’idéologie libérale conçoit l’autonomie comme émancipation de l’individu. L’individu peut tout à fait augmenter son autonomie sans forcément entrer dans une perspective libérale, la recherche personnelle se combinant à une recherche d’autonomie du groupe social auquel il appartient.

Ainsi, accroitre son autonomie, ce n’est pas forcément se couper du monde. On peut décider d’un retour à la Terre, sans forcément devenir un ermite. On peut développer des compétences sans forcément refuser l’aide extérieure. La société moderne par le salariat et par l’accès généralisé à un certain confort a fait de nous des paresseux. Il est temps de se bouger pour trouver un juste équilibre, et ainsi faire de cette modernité une plus-value sans aliénation.

Cette petite réflexion sur l’autonomie de l’individu est d’ailleurs transposable à l’échelle nationale. Lorsqu’on parle de volonté d’indépendance du pays, notamment vis à vis de l’Union Européenne, des Etats-Unis et de l’OTAN, on est souvent considéré comme étant fermé,  comme pronant le renfermement sur soi. Alors que c’est tout le contraire. En exaltant les identités et en voulant les protéger d’un multiculturalisme destructeur et créateur de tensions communautaires, on défend la vraie diversité culturelle. Chez soi on est avec les nôtres, ceux qui nous ressemblent et partagent un patrimoine culturel commun. Et lorsqu’on va à l’étranger, on découvre de nouvelles cultures. On y est bien accueilli car la majorité des cultures traitent bien l’étranger (dès lors où d’ors et déjà, un retour de cet étranger est prévu).

Prenons le cas très parlant de la mal nommée “émancipation féminine”. Le mouvement féministe est une réaction à l’avènement de la société bourgeoise du 19ème siècle. Cet avènement s’est soldé par une perte magistrale d’autonomie de la femme vis-à-vis du groupe social comme vis-à-vis de son époux. Un certain nombre de femmes, notamment de femmes issues de classes aisées, par l’accès aux livres, ont pu se rendre compte de cette évolution. Elles se sont donc mises à réfléchir et à vouloir lutter contre ces injustices. Néanmoins, le mouvement féministe est venu lutter contre les changements imposés par cet avènement de la bourgeoisie, sans jamais réellement réussir à pointer du doigt la réelle cause de cette situation. Le problème n’était pas le patriarcat, mais l’aliénation de la femme par la société libérale et bourgeoise. Ce mouvement a permis aux femmes d’accéder au salariat (donc au salaire), au droit de vote, à la pilule et à l’avortement… Mais ces évolutions sont elles de réelles avancées? Ayant autant de conséquences positives que négatives, elles ne peuvent être appelées avancées, les termes d’évolutions ou de changements seraient plus appropriés.

Ainsi une femme bénéficie en général de son propre salaire aujourd’hui. Cependant, au regard des nombreuses connaissances et compétences qui furent celles de la française moyenne par le passé, on peut se demander si elle n’y a pas sérieusement perdu au change, et même avancer l’idée que la femme a régressé dans sa position sociale.

Au regard de l’histoire des femmes, on ne peut que porter un regard critique sur l’idée d’indépendance de la femme. Certains diront que la détention de ces connaissances et compétences est obsolète…Néanmoins, on ne peut que reconnaitre qu’il y a eu une perte massive d’autonomie de la femme. Elle est indépendante financièrement de son mari mais dépendante de son travail (donc de son patron) et des machines.

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