PORTRAIT : Jacqueline de Romilly

Pour cette journée de la femme, un portrait de la vigie grecque Jacqueline de Romilly, élue à l’académie française en 1988.

Jacqueline David est née en 1913 à Chartres. Son père, professeur de philosophie meurt pour le pays un an plus tard. Sa mère l’élève seule dans l’objectif d’en faire une élève brillante. Ce qu’elle devient. Elle est même en 1930 la première lycéenne lauréate du concours général, avec un premier prix de version latine et un second prix de version grecque.

Le grec, cette langue, cette culture qui deviendra son combat en plus de sa passion. Sa mère lui offre en 1933 Histoire de la guerre du Péloponnèse de Thucydide. Elle restera plongée dedans toute sa vie.

En 1936, elle est reçue à l’agrégation de lettres. 4 ans plus tard, elle épouse l’éditeur Michel Worms de Romilly. Sa carrière de professeur a à peine débuté qu’elle connait des déboires dus à l’actualité politique : du fait des origines juives de son père et de celles de son mari, le régime de Vichy lui refuse le droit d’enseigner.

En 1947, elle obtiendra enfin son diplôme de Docteur ès lettre à l’Université de Paris. Après la guerre, sa carrière de professeur reprend et en 1973, elle devient la première femme professeur au Collège de France. Elle y occupe la chaire de la Grèce antique.2 ans plus tard, elle est élue à l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Là encore, elle est la première femme à accéder à un tel poste. En 1988, elle entre à l’Académie française.

Baptisée en 1940, elle achève sa conversion au catholicisme en 2008 à l’âge de 95 ans. Par ce geste, elle nous montre que rien n’est impossible, la vie est une constante évolution et rien ne sert d’avoir des regrets.

Loin de se plaindre, Jacqueline montre beaucoup de gratitude. Être femme ne fut ni un problème ni une chance, elle appartenait à une génération où certaines choses lui étaient désormais possibles…Voilà tout. Jacqueline de Romilly est un modèle à suivre, non pas pour les postes qu’elle a occupé, mais pour le combat que fut le sien, et ce jusqu’à sa mort : l’enseignement du grec ancien au plus grand nombre.

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