SORTIE CINEMA : Voyage à travers le cinéma français

A NOTER : le 17 novembre 2018, est organisée à l’issue de la projection du documentaire une rencontre avec Bertrand Tavernier au cinéma Les Fauvettes (58 avenue des Gobelins 75013 PARIS, arrêt Les Gobelins ligne 7).

A travers ce documentaire de plus de trois heures, Tavernier nous fait traverser l’histoire du grand cinéma français. Par des anecdotes de tournage, des révélations sur les relations entre réalisateurs, scénaristes et grands acteurs, des explications sur des procédés cinématographiques, il nous donne envie de visionner certains classiques du cinéma français. C’est souvent intéressant, on prend un vrai plaisir à revoir certains passages cultes et des acteurs mémorables (Lino Ventura, Jean-Paul Belmondo, Jean Gabin, Arletty, Brigitte Bardot…) mais il faut reconnaitre que ce film s’adresse prioritairement aux cinéphiles. Ceci dit, on en ressort avec une liste de films à découvrir, tant Tavernier nous transmet sa passion.

Bertrand Tavernier est un réalisateur français qui a abordé de multiples genres cinématographiques. Il est bien entendu un cinéphile averti. Et en cela, il sait de quoi il parle. Ce qui apporte un attrait certain à ce documentaire, c’est l’absence de langue de bois de Tavernier, que ce soit sur la mauvaise prestation d’une actrice alors qu’une autre (Simone Signoret) avait été pressentie, les mésententes entre Jean Pierre Melville et les acteurs Jean Pierre Belmondo et Lino Ventura, les petits mensonges d’un réalisateur etc.

Jacques Becker est cher à son cœur. Selon Tavernier, il possède un don pour mettre le spectateur en empathie pour ses personnages et transmet parfaitement la notion de common decendy, la décence ordinaire décrite par George Orwell. Jean Renoir fait aussi l’objet d’un très bel hommage. Tavernier explique ainsi qu’il y a quelque chose de profondément français dans le film la grande illusion, avec Jean Gabin dans le rôle principal. Ce dernier est par ailleurs très présent dans le documentaire : ses conseils à un jeune acteur, une remarque fort peu anodine sur la seconde guerre mondiale (il a dû payer pour rejoindre la résistance), son opinion sur Jean Renoir… Celui qui est probablement le plus grand acteur français explique à quel point la seconde guerre mondiale a bouleversé sa carrière. Il est parti  aux États-Unis alors qu’il était dans la fleur de l’âge et à son apogée en tant qu’acteur… Engagé dans la résistance, avoir avoir résilié son contrat avec les studios américains, il est sortie de cette guerre avec les cheveux blancs et très marqué par la vie. Sa période noire commençait. Mais cela ne le rend que plus sympathique à nos yeux patriotes car au delà de son talent, il nous rappelle un temps où les gens prenaient leur responsabilité de citoyen au sérieux, et agissaient dans la mesure de leurs moyens.

 

Des nombreuses personnalités évoquées durant les trois heures, deux personnes ressortent : le réalisateur Jean Renoir et le bourru mais profondément franchouillard Jean Gabin. Au début du documentaire, on redoute que Tavernier s’étale sur sa vie, mais cette impression est vite dissipée. La musique de cinéma est aussi abordée au cours du film, c’est une belle surprise. On pourrait dire que le choix des films est très suggestif. Soit, mais cela ne gâche pas le plaisir qu’on éprouve à (re)découvrir ces classiques de notre patrimoine culturel, qui datent pour la plupart d’entre eux des années 30 aux années 60.

En conclusion, Voyage à travers le cinéma français est un long documentaire passionnant, qui s’adresse prioritairement aux cinéphiles.

Portrait : Brigitte Bardot

Premier article sur Françoise, et il sera consacré à une figure populaire de notre pays et de notre patrimoine culturel : la belle Brigitte Bardot. Issue d’un milieu bourgeois catholique, elle côtoie le milieu artistique parisien dès son enfance. Elle se tourne vers la danse classique, et entre au Conservatoire de Paris à l’âge de 14 ans. Puis, plus tard, elle commence à poser comme modèle, devient rapidement la coqueluche du magazine Elle, et se lance dans le cinéma. En 1956, pour le film « Et Dieu créa la femme », elle se décolore les cheveux… Une icône est née.

Grande gueule au grand cœur

Au delà de sa carrière artistique, ce qui fait de B.B. une figure emblématique de notre pays se sont les choix effectués au cours de sa vie. Que cela soit son mariage avec Bernard d’Aumalle, proche de la famille Le Pen -au grand dam du milieu culturo-mondain parisien – son combat pour les animaux, mais aussi certaines prises de paroles mémorables (sur le cinéma actuel, le hallal, l’immigration…), Brigitte n’en fait qu’à sa tête et dit ce qu’elle pense.

Par le biais de la fondation Brigitte Bardot, elle est devenue une pionnière de la lutte contre la souffrance animale. Mettant sa célébrité et son argent à bon escient, elle n’hésite pas à formuler des doléances auprès du chef de l’État et des personnalités politiques. De Gaulle appréciait d’ailleurs sa « simplicité de bon aloi ». Elle même le respectait énormément (cf la lettre ci-dessous).

Symbole d’une époque révolue

Elle incarne l’insouciance qui caractérisa la période des 30 Glorieuses. Jouant surtout dans des comédies romantiques, et étant principalement la carte séduction d’un film, elle eut tout de même l’occasion de prouver son talent d’actrice, notamment dans les films La Vérité et le Mépris. Elle mit fin à sa carrière à l’âge de 38 ans, en 1973, année du premier choc pétrolier. La, encore c’est un symbole.

Icône d’une France éternelle

Brigitte Bardot a été la première personne connue à incarner Marianne, symbole de la République Française, auparavant dessinée sous les traits d’anonymes. Et force est de reconnaitre qu’aucune de celles qui l’ont suivie ne l’ont détrônée – pas même la toute aussi belle Laetitia Casta.  On peut discuter sur le fait que la République et la France, ce n’est pas la même chose. Soit, mais ce n’est pas le sujet. Brigitte Bardot représente la France dans tout son charme : sa non-nonchalance, cette façon très particulière de parler qui lui a toujours donné un air de tête à claques, sa liberté de penser.

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