Indépendance ou Autonomie ?

Petite réflexion du week-end sur la notion d’autonomie.

Que cela soit sur un plan intellectuel, sur un plan spirituel, sur un plan affectif ou sur un plan économique, l’indépendance est un leurre. On dépend toujours d’autrui. Sur le plan religieux, il s’agit même d’un blasphème, tant l’affront est grand vis-à-vis de Dieu. Pour l’économique, l’individu dispose seulement d’un certain libre arbitre. Il compose avec la réalité. Sur le plan affectif, on peut même dire qu’il compose avec sa perception de la réalité. Par conséquent, au mieux, il peut donc choisir en qui et en quoi il sera dépendant. Continue reading « Indépendance ou Autonomie ? »

Colloque Proudhon du 20 mai 2017

Ce samedi a eu lieu un colloque organisé par la revue Éléments autour de la figure du socialiste et anarchiste français Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865). Continue reading « Colloque Proudhon du 20 mai 2017 »

Entretien avec un gauchiste repenti : Charles ROBIN

Est paru en début d’année le dernier ouvrage du jeune essayiste et professeur de philosophie Charles Robin. Il s’agit d’un recueil de plusieurs textes traitant de divers sujets, toujours en lien avec la critique du libéralisme, sujet phare de Charles Robin. Le court entretien qui suit revient sur le premier texte de ce recueil, où Charles explique son parcours depuis son militantisme au sein du NPA. Continue reading « Entretien avec un gauchiste repenti : Charles ROBIN »

Concept à Comprendre : NATIONALISME

Concept à Comprendre : NATIONALISME (texte intégral)

  1. Brève définition

Le Nationalisme est une doctrine politique qui tend à défendre l’identité d’une Nation dans toutes ses particularités. Cette doctrine n’est pas une simple extension du Patriotisme (Doctrine Politique tendant à la protection du sol national) mais couvre une dimension propre. Elle s’oppose au mondialisme, à l’impérialisme, au régionalisme et au séparatisme, doctrines qui tendent toutes à la destruction de la Nation et à ses frontières existantes.

  1. Rappel Historique

En France, le terme de Nationalisme est directement issue de la Révolution, à la fin du XVIIIeme siècle. Les révolutionnaires appelaient Nationalistes les défenseurs du Monde Ancien, les adversaires aux idées nouvelles, c’est à dire à leurs idées. Ce terme était alors employé en opposition à la notion de patriotes, nom par lequel se désignaient les jacobins, les révolutionnaires. A l’heure actuelle, patriotes et nationalistes ne sont plus du tout rivaux idéologiques, bien au contraire[1].

  1. Nationalisme et Clivage Gauche-Droite[2]

En simplifiant, on estime que  la notion de Gauche renvoie à  l’idéologie du Progrès alors que la Droite représente la Tradition. Le Nationalisme est souvent considéré à tord comme une doctrine politique exclusivement de Droite. Si on considère comme toujours valable le clivage Gauche-Droite, force est de reconnaitre qu’il existe des auteurs emblématiques et des courants de pensée nationalistes au sein de la Gauche.

Paradoxalement, les partisans d’une gauche nationaliste sont aujourd’hui (mais également par le passé) enclins à affirmer la désuétude de la notion de Gauche et de Droite, là où la Droite et l’Extrême Droite classique l’assument pleinement. On pourrait dire que les nationalistes de Gauche sont plus enclins à renoncer au clivage Gauche- Droite pour avoir une vision non conformiste de la Politique et pour se revendiquer d’une Troisième Voie (ni Droite Ni Gauche; ni Libéralisme ni Communisme etc.) quitte à parfois flouer les lignes des doctrines idéologiques et paraitre un brin confus pour un œil extérieur. Au contraire, les nationalistes de Droite vont se reconnaitre fièrement comme « authentiquement de Droite », quitte à  paraître passéistes (le passéisme étant l’opposé de la Tradition Véritable) et désuets.

Mais ce qui démarque le plus le Nationaliste de Gauche et le Nationaliste de Droite c’est l’objectif qu’il poursuit. Dans une de ses vidéos Youtube, on peut ainsi entendre le sociologue et « authentique homme de Gauche » Alain Soral  expliquer que l’objectif final  de la Politique c’est la recherche du bonheur. A contrario, Dominique Venner, dans son livre le plus autobiographique Le Cœur Rebelle, explique que le but final de la Politique est « de rétablir l’ordre à la place du chaos ». Tout est dit.

En période de crise, et plus spécifiquement en période d’avant-guerre, on a déjà vu les patriotes et les nationalistes de tous bords se réunirent pour faire front commun. En mettant en avant leurs points communs (anti libéralisme, anti mondialisme, respect de la Tradition etc.), les nationalistes arrivent à de bien belles choses. C’est le cas de l’expérience du Cercle Proudhon. Ce cercle a réuni entre 1911 et 1914 des syndicalistes révolutionnaires et des militants de l’Action Française. Ils ont collaboré ensemble et ont rédigé des cahiers, produisant des textes et des réflexions que tout militant nationaliste français se doit de lire.

  1. Le Nationalisme Français

Afin d’avoir une idée générale des formes de nationalismes, voyons de plus près deux doctrines nationalistes, deux  réflexions menées par deux grands théoriciens français, l’un de Droite et l’autre de Gauche.

Le Nationalisme Intégral de Charles Maurras

Le Nationalisme maurassien se veut monarchique, traditionnel et décentralisateur. Il est contre-révolutionnaire, antiparlementaire et antilibéral. Son nationalisme est catholique, même si Charles Maurras est personnellement agnostique et non pratiquant. Ce nationalisme se concentre sur la réforme des institutions politiques du pays. Maurras se montre donc très critique envers ce qui relève du mouvement social (corporations) qui favorise selon lui les élites sociales aux détriments des masses populaires. Comme le dit sa maxime : Politique d’abord! ».

Le Nationalisme de Maurice Barrès

Maurice Barrès, figure marquante du Nationalisme français, plaide pour un nationalisme républicain, démocrate et fédéraliste car considéré comme représentatif de l’identité française. Là où Maurras dit Politique d’abord, Barrès met en exergue le sentiment national. Pour lui, il faut conquérir les cœurs des français pour obtenir le pouvoir et réformer les institutions, soit l’exact inverse de la vision maurassienne.

Par ces deux brèves introductions aux doctrines maurassienne et barrèssienne, on peut se rendre compte de l’étendue des divergences qui peuvent exister entre nationalistes d’un même pays. Mais il importe d’étudier ces nationalismes car on peut dire que la France est la Nation par excellence.

On dit cela car plus que partout ailleurs, la nation française est une construction. En effet, on est français car on est né au sein d’une famille composite, résultat de la rencontre de multiples peuples qui en ont donné un nouveau. L’importance du Droit du sol dans notre héritage est une particularité qui en dit long sur ce que nous sommes. En opposition à la nation allemande basée sur le sang et la race, la nation française se reconnait davantage par son attachement à une culture et un passé commun. Être nationaliste français, c’est avoir conscience de cette construction, de l’existence aussi d’un certain esprit français, mélange d’impertinence, de nonchalance et de cartésianisme, esprit marqué par une série de contradictions, éloigné du racialisme et du tribalisme. Être nationaliste français, c’est aussi vouloir protéger et perdurer cet état d’esprit.

  1. Le Nationalisme en 2016

En France, en 2016, le Nationalisme est fort peu représenté sur l’échiquier politique. Si on exclut quelques personnalités isolées, seul le Front National semble adhérer à cette doctrine. Les autres partis politiques majeures sont désormais acquis aux mondialistes. C’est plutôt du côté de ce que Adrien Abauzit conceptualise sous l’expression  » nouvelle opinion publique » que le nationalisme renait. Les citoyens se conscientisent et à leur échelle se réapproprient leur culture nationale, se réenracinent, et par suite logique deviennent nationalistes.

En Europe, la Hongrie et l’Autriche sont des pays où le nationalisme prend de l’ampleur au niveau électoral et sont des exemples à suivre pour la France. Le continent sud-américain fut longtemps la figure de proue du nationalisme et de la lutte contre l’impérialisme étranger, et plus spécifiquement américain. Depuis la mort du président vénézuélien, le valeureux Hugo Chavez, cette tendance s’est très largement effacée.

Paradoxalement, le renouveau nationaliste le plus spectaculaire a surgi de là où on ne l’attendait pas. L’élection  du trublion Donald Trump marque un renouveau du Nationalisme au sens classique et un espoir pour les nationalistes du monde entier face aux horreurs grandissantes du mondialisme. Sa campagne électorale s’est en effet faites sur un programme politique pétri de valeurs chères aux nationalistes. En parlant de recentrer les Etats Unis sur eux mêmes afin de redevenir une Grande Nation, de réguler l’immigration, de mener une Politique de Grands Travaux pour donner du travail à tous et relever les infrastructures du pays[3], en expliquant que désormais si un pays ne cherche pas le conflit alors il sera un pays ami des États-Unis, Trump s’oppose clairement à la politique d’ingérence et d’agression systématique que les États-Unis menaient depuis des décennies et marque un changement radical de perspective dans les relations internationales, montrant que contrairement aux idées reçues les nationalistes sont désormais les pacifistes du XXIème siècle.

  1. Etre nationaliste aujourd’hui

« Nationalistes de tous les pays unissez vous!  » Derrière cette phrase qui fait la nique aux préjugés sur les nationalistes, supposés xénophobes, il ne se cache en aucun cas un internationalisme des nationalistes, mais simplement une convergence des combats contre toutes les attaques des mondialistes. Chaque nationaliste doit mener son combat dans son pays, au sein de sa Nation. Cette remarque a une importance cruciale. Prenons le cas particulièrement clivant dans les milieux nationalistes de l’Ukraine. Nous nous retrouvons dans la situation ubuesque où des nationalistes français se battent sur un territoire étranger les uns contres les autres. Cette situation est absurde, regrettable et marque probablement la plus grande victoire de l’idéologie mondialiste sur le combat nationaliste.

En conclusion, être nationaliste c’est aimer son Prochain c’est-à-dire celui qui nous est proche. Aujourd’hui, que l’on considère que le clivage Gauche-Droite perdure, qu’il ait profondément muté ou qu’il soit désormais obsolète, ce n’est finalement qu’un débat conceptuel. Le combat politique et idéologique relatif au nationalisme est un travail de longue haleine et quotidien. Il est parfois difficile à mener car il implique de refuser la paresse intellectuelle, physique voire professionnelle, de lutter de toutes ses forces contre l’embourgeoisement, si propre à la société moderne. Etre nationaliste c’est lutter contre les idéologies destructrices de la Nation (Mondialisme, Impérialisme, Libéralisme, Capitalisme…), c’est exalter son appartenance patriotique, c’est aussi mener un retour à la Terre et à la Tradition car l’enracinement (spirituel, culturel, local etc. ) est la seule et unique solution.

Liste d’auteurs français à découvrir sur le sujet : Ernest Renan, Charles Maurras, Maurice Barrès, Dominique Venner, Thierry Maulnier, Alain de Benoist, Jacques Ploncard d’Assac…

Citations marquantes :

 « La patrie est une certaine quantité de terre où on parle une langue, où peuvent régner les coutumes, c’est un esprit, une âme, un culte, c’est la portion de terre où une âme peut respirer. Une terre qui est arrivée à être pour nous une maison » Charles Peguy

« Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé ; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. L’existence d’une nation est (pardonnez-moi cette métaphore) un plébiscite de tous les jours, comme l’existence de l’individu est une affirmation perpétuelle de vie » Ernest Renan « qu’est ce qu’une Nation ? »

Le « Patriotisme s’est toujours dit de la piété envers le sol national, la terre des ancêtres et, par extension naturelle, le territoire historique d’un peuple : la vertu qu’il désigne s’applique surtout à la défense du territoire contre l’Étranger. Comme le mot suppose une frontière déterminée, un État politique défini, il a quelque chose d’officiel et d’installé »…Le  » Nationalisme s’applique en effet, plutôt qu’à la Terre des Pères, aux Pères eux-mêmes, à leur sang et à leurs œuvres, à leur héritage moral et spirituel, plus encore que matériel. Le nationalisme est la sauvegarde due à tous ces trésors qui peuvent être menacés sans qu’une armée étrangère ait passé la frontière, sans que le territoire soit physiquement envahi. Il défend la nation contre l’Étranger de l’intérieur » Charles Maurras

« La Nation est une couverture politique et nationale de l’individu plus étendue que la couverture sociale offerte par la tribu à ses membres. Le tribalisme est préjudiciable au nationalisme, car l’allégeance tribale affaiblit le loyalisme national » Mouammar El-Kadhafi (Le Livre Vert, premier paragraphe du chapitre sur la Nation de la troisième partie consacrée aux fondements sociaux)


[1] Par ailleurs, lorsqu’on étudie la seconde Guerre Mondiale, période marquant une ère nouvelle de l’Histoire Contemporaine, il est en général de bon ton de faire ressortir et d’opposer deux personnalités politiques majeures de notre pays. Or il est intéressant (quoique pas surprenant) d’observer que ces deux hommes politiques – on aura reconnu le Maréchal Pétain et le Général de Gaulle – sont tous deux profondément patriotes et nationalistes car profondément attachés à la France.

[2] On estime que le clivage Gauche-Droite remonte à la période de la Révolution Française, plus précisément au 28 août 1789, lorsque les membres de l’Assemblée Constituante se sont séparés physiquement et idéologiquement en deux groupes : à gauche les opposants au veto royal (jacobins, révolutionnaires, libéraux), à droite les partisans du roi (clergé, noblesse, monarchistes). Le clivage Gauche-Droite fera l’objet d’un podcast futur car il s’agit d’un débat d’idées complexe mais important. En simplifiant à l’extrême, on estime que  la Gauche représente l’idéologie du Progrès alors que la Droite représente la Tradition.

[3] La déliquescence des infrastructures est un problème que l’ouragan Katrina avait participé à dévoiler au niveau international, mettant la classe politique américaine dans l’embarras. La frilosité des électeurs a une possible augmentation des taxes étant redoutée par le candidat politique US, celui ci privilégie le statut quo et évite ce genre de « grands travaux » au niveau national et de l’état, le reléguant au local…Soit, là, où il est plus compliqué de les mener!